Farine et poulailler : ce maire de Bretagne vise l'autonomie alimentaire pour sa commune

De l'autonomie alimentaire pour sa commune, c'est le projet fou de Nicolas Bathelier, maire de Sains (Ille-et-Vilaine). Après les oeufs, ce village aura sa propre farine communale.

Nicolas Bathelier, maire de Sains, va bientôt moissonner le blé de sa commune en Bretagne, pour faire de la farine communal. ©La Gazette de la Manche

« C’est un peu original mais c’est une expérimentation », présente Nicolas Bathelier, maire de Sains (Ille-et-Vilaine), en marchant à travers les épis de blé. Ici, au bord de la 4 voies qui relie Saint-Malo à Avranches, la commune de 500 habitants loue un champ à la communauté de communes.

C’est avec cet hectare et demi que le maire de Sains a décidé de poursuivre son projet ambitieux : que sa commune soit autonome en alimentation.

De la farine communale

En plus du poulailler, des recycleries et compostes communaux, voilà que Sains alloue 1 000 € de son budget pour produire de la farine.

Semé en octobre dernier, le blé sera moissonné au mois d’août. Il sera ensuite transformé à 70 % en farine par le meunier du Moulin de Quincampoix à Rimou près de Val Couesnon. Les 30 % restants de son de blé nourriront les onze poules de la commune. Celles mêmes qui mangent la viande non consommée des habitants de Sains et leur pondent des œufs.

La farine, elle, pourrait être revendue à bas prix dans l’épicerie solidaireLa baie des Mouchoux, ou donnée aux plus précaires. Et ainsi tournerait la commune. Avec des réserves permettant de nourrir d’abord ses habitants. 

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Des réserves alimentaires

Le modèle n’est pas encore abouti mais les premières pierres sont posées. « On nous surnomme les intellos ici, pour ne pas dire pire », ricane l’ancien ingénieur, désormais élu.

Si son idée peut paraître hors sol pour certains, Nicolas Bathelier a bel et bien les pieds sur terre.

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Alors que les pénuries se font de plus en plus nombreuses, lui ne veut plus dépendre des supermarchés. « L’idée ce serait d’avoir un stock communal ».

La technique n’est pourtant pas nouvelle, selon le maire breton.

A l’époque d’après guerre, les communes de campagnes étaient autonomes en alimentation.

Nicolas Bathelier

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Une économie circulaire et des paysans locaux

Mais du haut de sa commune de 500 habitants, Nicolas Bathelier a bien conscience que pour développer un tel modèle, à l’ancienne, il faut du volume et des volontaires. « C’est un essai. Pour que le modèle tourne vraiment, il faudrait 10 hectares de champs de blé », estime l’élu. Trop ambitieux pour un conseil municipal qui ne le suit pas à l’unanimité.

Nicolas Bathelier compte alors sur l’arrivée de quatre jeunes paysans parisiens. Ils sont en train d’acheter une ferme avec sept hectares sur Sains. L’actuel champ de blé de la commune pourrait alors servir au futur paysan boulanger. Les trois autres, maraîcher, éleveur et brasseur complèteront, l’offre alimentaire de première nécessité.

« Produire pour la commune d’abord »

Nicolas Bathelier espère les convaincre de « produire pour la commune d’abord et vendre le surplus à l’extérieur ». Ajoutez à tout cela le développement du vrac, ultime étape du projet d’économie circulaire du maire, et Sains sera paré pour déclarer son indépendance… alimentaire, bien sûr.

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