Vêtements, nourriture, objets... c'est quoi Geev, l'appli de dons qui cartonne entre particuliers ?

L'application Geev, qui enregistre 3,5 millions d'utilisateurs, représente une alternative à l'achat et permet de réaliser de précieuses économies en cette période d'inflation.

Les Français sont de plus en plus adeptes de la seconde main. L’application Geev permet de favoriser le don entre particuliers. (©Sarah Brown / Unsplash)

« Maintenant, quand j’ai besoin d’un produit, avant de l’acheter en magasin, je regarde si quelqu’un le donne » : pour Marie-Camille, avoir recours au don entre particuliers est désormais un « réflexe ».

Une alternative à l’achat qui a le vent en poupe, dopée par la crise sanitaire et le contexte inflationniste actuel. Depuis quatre ans qu’elle utilise l’appli Geev, la Lyonnaise de 32 ans « ne jure dorénavant que par cette application », qui lui fait réaliser des économies. 

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Geev, une application en plein boom

Créée en avril 2017 par Hakim Baka et Florian Blanc, la startup veut « démocratiser le don entre particuliers en le rendant accessible à tous, partout et tout le temps. »

Les deux entrepreneurs sont partis d’un constat : plus de la moitié des objets de seconde main mis en vente par les particuliers ne trouvent jamais preneur, et restent donc soit remisés au grenier ou au garage ou finissent par être jetés. Alors qu’ils pourraient être donnés.

Cinq ans après son lancement, l’appli Geev enregistre à présent plus de 3,5 millions d’utilisateurs, ce qui en fait la première application de dons entre particuliers, loin devant ses concurrents Donnons.org, Recupe.net ou encore Toutdonner.com.

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Comment ça marche ? 

Pour utiliser l’appli, il suffit de la télécharger gratuitement sur iOS ou Android et de l’installer sur son mobile.

Pour donner :

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  • Il suffit de créer une annonce, de manière assez classique. Puis de convenir d’un rendez-vous quand quelqu’un souhaite récupérer le don, de manière physique. Il n’y a pas d’envoi par voie postale.

Pour récupérer un don :

  • Il faut se géolocaliser et définir le rayon maximum dans lequel trouver les produits recherchés, parmi l’électroménager, les vêtements et accessoires, l’univers bébé, la déco et l’ameublement, les produits high-tech ou de loisirs, le bricolage et le jardinage… et même de la nourriture, service proposé depuis 2019 et depuis largement plébiscité.

Pour répondre à une annonce, il faut utiliser une « banane », un crédit de contact à usage unique

  • À son inscription, chaque nouvel utilisateur reçoit 3 « bananes ».
  • Pour répondre à une annonce si vous ne disposez pas de « banane », il faut attendre 48 heures après la publication de l’annonce.
  • Chaque don réalisé par un utilisateur lui permet de récupérer 2 « bananes ». Un cercle vertueux qui doit encourager le don et représente la grande majorité des échanges sur la plateforme. 
Avec Geev, « donner, c’est gagner ». (©Johann Foucault / actu.fr)

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Un abonnement pour récupérer sans donner

A noter que lorsqu’un objet est marqué comme réservé, il n’est plus disponible pour le moment, jusqu’à ce que le don se réalise ou que la réservation soit finalement annulée.

Pour ceux qui souhaiteraient récupérer sans donner, un abonnement est proposé, mensuel à 4,99 euros, ou annuel à 24,99 euros.

La startup, elle, se rémunère sur la publicité de ses annonceurs et ses abonnements. Depuis le début 2022, 614 000 annonces sont postées chaque mois en moyenne.

Un concurrent des associations caritatives ? 

Dans un article publié chez Positivr début juin 2022, Valérie Fayard, directrice générale déléguée d'Emmaüs France, regrettait que certaines "plateformes de seconde main poussent à la surconsommation." Un engouement qui se traduit aussi sur les dons que reçoit Emmaüs France, "moins nombreux" depuis les deux dernières années, de moins bonne qualité...
Pour Hakim Baka, cofondateur de Geev, leur application de dons est une autre offre, "complémentaire à celles des associations", qui va surtout permettre à ses utilisateurs de ne pas débourser un centime.
Certains utilisent également l'appli pour les associations. "Je récupère des jouets par exemple via Geev, que je redonne ensuite à des associations locales", confie Marie-Camille, qui constate aussi depuis le début de la guerre en Ukraine un afflux de dons de vêtements.

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« Il y a des produits que je n’achète plus en magasin »

Par ce biais, il y a de sérieuses économies à faire. « L’électroménager, ça part vite », constate Marie-Camille, qui utilise l’appli pour récupérer « de la déco de maison, des cadres, des produits d’hygiène, des parfums, des foulards, des jeux de société… » 

Il y a des produits que je n'achète plus en magasin ! La déco, les produits d'hygiène, si ce n'est pas pour un besoin urgent, je vais attendre d'en trouver sur l'appli.

Marie-CamilleUtilisatrice de l'appli Geev

La Lyonnaise se donne environ trois semaines pour essayer de trouver ce qu’elle cherche. Ce qui implique une discipline dans le suivi des annonces. « Il faut être assez réactif. C’est hyper addictif, j’y vais tous les jours, c’est mon réflexe dès le matin », reconnaît-elle.

Un effet Covid

Si le succès est au rendez-vous, la crise sanitaire n’y est pas étrangère. « Depuis le Covid, on a doublé le nombre de dons », détaille Hakim Baka. En 2020, Geev enregistrait 3,5 millions de dons, et en 2021, 7 millions.

Avec les magasins fermés à cause du Covid, il y a eu une prise de conscience collective plus forte sur le don.

Hakim BakaCofondateur de l'application Geev

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Un cercle vertueux

À cela s’ajoute un marché de l’occasion en plein essor, une filière réemploi qui prend de l’ampleur, une prise de conscience environnementale de la part des consommateurs, également à la recherche d’économies à réaliser… un contexte plutôt favorable.

Selon une étude de l’Observatoire de la consommation Cétélem, la France fait d’ailleurs partie des pays qui achètent et vendent le plus de biens d’occasion en Europe. Pourtant, il y a encore un effort psychologique à faire au sujet du don, de la part de chacun. 

Nombreux sont ceux qui se disent qu'ils vont stocker, parce que ça peut toujours servir. Et on se dit qu'on ne va pas le donner, parce que je l'ai payé tel prix. Sauf que si on n'utilise pas le produit, qu'on ne le vend pas, au final il ne vaut plus rien, et cela devient une forme de gaspillage.

Hakim Baka

Alors que donner, c’est offrir la possibilité d’une seconde vie à cet objet, auprès de quelqu’un qui en a vraiment besoin. « Et c’est un gain de place chez vous », relève Hakim Baka.

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Depuis qu’elle utilise l’appli, Marie-Camille a réalisé 300 dons. Et a même adapté sa consommation. Certes « on n’a pas toujours ce qu’on veut au moment ou on le veut, mais c’est aussi un des intérêts, ça m’a aidé à m’interroger sur ma consommation », admet-elle.

Est-ce qu'on a besoin de telle ou telle chose neuve, tout de suite ? Où est-ce qu'on peut attendre un peu et l'avoir d'occasion, voire gratuitement ?

Marie-CamilleUtilisatrice de Geev

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Un rôle social ? 

Au-delà des bonnes affaires, Marie-Camille trouve aussi son compte dans les relations sociales que l’application lui offre. Comme Leboncoin, Allovoisins ou autres plateformes entre particuliers, Geev favorise le lien social.

« Avec la géolocalisation, ça permet de rencontrer des voisins, des gens du quartier, qui n’habitent pas loin, explique la jeune femme. On revoit les personnes avec lesquelles on a déjà échangé, même si on ne se connaît pas, il y a un feeling qui peut se créer, ça peut créer des amitiés. On en a d’autant plus besoin après le Covid. »

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