Lot. Comment l'hôpital de Cahors s'organise pour assurer la continuité des soins cet été

A l'hôpital Cahors, les services s'organisent malgré le manque de personnel soignant pour assurer la continuité des soins cet été 2022, tout en préservant les vacances des salariés

Le Dr Thierry Debreux, président de la Commission médicale d’établissement de l’hôpital de Cahors et directeur du SAMU 46. (©Actu Lot)

Y aura-t-il des lits ou des services fermés ? Les Urgences pourront-elles rester ouvertes 24 heures/24 ? Autant de questions qui se posent à l’heure où l’hôpital traverse une crise sans précédent. À l’hôpital de Cahors dans le Lot, comme partout ailleurs en France, les personnels soignants manquent.

Les projets de développement sont toujours bien présents et les recrutements sont continuellement en cours, la Direction recherche sans cesse de nouveaux praticiens ou de nouvelles infirmières, mais les difficultés de recrutement restent bien présentes. D’autant que la médecine de ville aussi souffre du manque de médecins, avec des patients laissés démunis dès que l’un d’eux cesse son activité.

Dans plusieurs hôpitaux en France, avec le manque de personnel et les congés d’été qui arrivent, nombre de services sont menacés de fermeture. Néanmoins, à l’hôpital de Cahors, la continuité du service public et des soins pourra être assurée, soutient le Dr Thierry Debreux, président de la Commission médicale d’établissement et directeur du SAMU. 

« Il n'y aura pas de problème ni aux Urgences, ni à la maternité, ni dans les services de soins »

Dr Thierry DebreuxPrésident de la Commission médicale d'établissement

Solidarité aux Urgences

Aux urgences, la fréquentation augmente traditionnellement en été.

En moyenne, dans l’année, le service des Urgences enregistre 76 passages par jour. En été, on monte à 100 – 120 passages par jour, entre afflux des touristes et permanence de soins en ville moins bien assurée. D’autant qu’il y manque aussi du personnel, le service tournant actuellement avec 10 ETP (équivalent temps plein) au lieu de 14 habituellement.

Ainsi, pour assurer la continuité des soins et avec une présence 24h/24 et 7 jours sur 7, sans aucune fermeture, le service devra fonctionner en mode dégradé et faire appel à la solidarité des autres soignants de l’hôpital.

Ainsi, les Urgences ont sollicité les autres praticiens du centre hospitalier : diabétologue, infectiologue, rhumatologue, médecine générale, réanimateur, futurs pédiatres et autres spécialistes viennent les aider et vont continuer à leur prêter main-forte durant tout l’été.

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« Il y a une vraie solidarité des ressources hospitalières qui nous permet de passer le cap. Du coup, il n'y aura pas de difficulté, les praticiens pourront prendre des congés, avoir des gardes raisonnables, et il n'y aura pas de fermeture des Urgences »

Dr Thierry Debreux.

Ces praticiens viennent en renfort pour des plages de 12 ou de 24 heures, sachant qu’il reste en permanence un médecin urgentiste en place.

Le 39 66

Lorsque les médecins de ville ne sont plus ouverts, et avant d'aller aux Urgences, qui comme leur nom l'indique, sont réservées aux cas sérieux, un service de médecine de ville existe et peut répondre à nombre de pathologies non urgentes (angines, otites, virus...) dites de médecine de ville. En appelant le 3966, vous êtes pris en charge et régulé par un médecin généraliste qui pourra vous conseiller sur la conduite à tenir, les médicaments à prendre, ou vous diriger vers le 15 ou les urgences si la pathologie le nécessite. Ce service fonctionne de 20 h le soir à 8 h du matin en semaine, de 12 h à minuit le samedi et de 8 h le dimanche matin jusqu'à 8 h le lundi matin.

Dans les autres services

Comme partout en France, tous les services de l’hôpital manquent de soignants. À Cahors, le Plan Blanc* est toujours activé en raison du manque de personnel. Avec le manque d’infirmiers, la mutualisation des services de chirurgie a été décidée et le service orthopédie est fermé. La chirurgie regroupe désormais 10 lits de chirurgie viscérale, 10 lits d’urologie et 10 lits d’orthopédie. Pour cet été, cette mutualisation va perdurer.

« Il vaut mieux conserver une stabilité avant l’été et temporiser pour permettre aux personnels d’avoir des vacances. Il est important de respecter ces congés, c’est aussi respecter les gens qui travaillent à l’hôpital » souligne le Dr Debreux.

Autre décision prise pour permettre d’assurer la continuité des soins, notamment au niveau de la chirurgie ou de la maternité, celle d’embaucher un anesthésiste intérimaire, avec un tarif bien plus élevé que d’habitude, avec des gardes qualifiées même « d’indécentes » par le directeur de l’hôpital Pierre Nogrette.

« Il a fallu solliciter une société d’intérim qui permet de compléter le tableau et assurer ainsi la continuité des soins. Ce ne sont pas des choix faciles, ils peuvent être discutables, mais ils sont compréhensibles et ont dû être faits pour assurer la continuité du service public et de soins, notamment pour la maternité ou le bloc opératoire » poursuit le Dr Debreux.

Ce dernier ne cache pas son inquiétude « pour les 10 années à venir » concernant le manque de personnel soignant et les difficultés de recrutement. De nombreux médecins de l’hôpital vont bientôt partir à la retraite, si des internes en formation à Cahors choisissent de rester, ils ne sont pas suffisamment nombreux, l’ouverture des numerus clausus pour les étudiants en médecine ne va pas tout régler, sans compter les difficultés de recrutement du personnel infirmier, entre Parcoursup qui ne facilite pas les choses (recrutement national et non local à l’Institut de Formation de Soins infirmiers de Cahors, 50 % des étudiants qui en sortent avant leur diplôme…) et crises des vocations.

La crise du Covid n’a été que l’élément déclencheur et accélérateur d’une crise sous jacente qui couvait déjà et qui explose aujourd’hui. En attendant, l’hôpital de Cahors s’est organisé pour cet été et « tient finalement bien le coup, mieux que d’autres hôpitaux en France » conclut le Dr Debreux.

* Le plan blanc est un plan d’urgence qui peut être déclenché par le directeur ou le responsable de l’établissement de santé public ou privé ou encore par les préfets ou le Premier ministre si la nature de la situation sanitaire ou l’ampleur de l’afflux de patients ou de victimes le justifient comme pour le Covid-19. Il permet la mise en œuvre d’une organisation spécifique et la mobilisation exceptionnelle de moyens humains et logistiques

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